samedi 25 octobre 2008

Ah Paris!

J'ai été au cinéma cette semaine voir le film Paris du réalisateur Cédric Klapisch (L'Auberge espagnole, Les Poupées russes) mettant (encore) en vedette Romain Duris et la très jolie Juliette Binoche. J'ai adoré ce film à la fois profond et léger, parsemé d'émotions et de petits plaisirs. C'est l'histoire de Pierre, un jeune homme qui apprend qu'il ne lui reste que quelques semaines à vivre à moins d'avoir une transplantation cardiaque. Confiné dans son appartement (quel appartement! bordé par le mythique cimetière Père Lachaise et duquel on voit tout Paris, de la Tour Eiffel jusqu'à la Tour Montparnasse en passant par Notre-Dame), il prend plaisir à regarder les gens vivre depuis son balcon. C'est ainsi qu'on entre, le temps de quelques jours, dans la vie de ces gens qu'il observe et dont les destins se croisent. Je crois que pour pleinement apprécier ce film, il faut aimer et connaitre Paris car en réalité, c'est elle qui tient le premier rôle. C'est cette magnifique ville qui porte les personnages, qui nous entraine dans l'ambiance chaleureuse de ses différents quartiers et qui donne vie au film.

Ma scène préférée : Pierre est sur son balcon par un jour frais d'automne, à regarder Paris s'agiter autour de lui. Il tient dans ses mains un café chaud qui embaume et réconforte. Il semble bien. Il porte distraitement le café à ses lèvres, puis, riant de son réflexe, y renonce. Il retourne à l'intérieur et jette le café, sans y avoir touché, dans l'évier*. J'ai aimé combien cette scène silencieuse était parlante. Comment elle décrivait à la perfection un moment de bonheur. Le bonheur qui se retrouve dans les petits plaisirs, les plus simples, comme celui de tenir un café chaud entre ses mains par une journée fraîche. Le genre de bonheur qui me rejoint en tous cas.

Public québécois attention : c'est vraiment un film "français" qui, comme je m'amuse à le dire, se termine comme si le réalisateur avait manqué de pellicule pour la suite. Un genre de tranche de vie quoi! ;-) Pour plus d'infos, cliquez sur l'affiche du film dans la barre verticale de droite.

*Pour ceux qui n'auraient pas compris pourquoi il ne boit pas le café, il est cardiaque...

Andy Warhol au MBAM

Le 25 septembre dernier, j'ai été voir la nouvelle exposition Warhol live qui ouvrait au Musée des beaux-arts de Montréal et j'ai beaucoup aimé l'approche du musée face à l'oeuvre de Warhol. En effet, l'exposition explore la place omniprésente qu'a pris la musique, la danse et même la télévision dans le travail de l'artiste. Organisée telle une chronologie de sa vie, l'exposition nous entraine de salle en salle vers des décors toujours plus surprenants les uns que les autres, permettant aux visiteurs de s'imprégner de l'état d'esprit dans lequel Warhol aimait créer. Ne connaissant que les oeuvres les plus connues de ce pionnier du Pop Art, c'est avec plaisir que j'ai découvert l'impressionnant panel de ses réalisations colorées, l'effervescence et le glamour qui semblaient agrémenter sa vie et qui ont influencé sa création.


Mes coups de coeur dans l'expo : la salle qui représente la Silver Factory, atelier new-yorkais où l'artiste produisit des oeuvres en série et qui servait également de studio d'enregistrement et de tournage. Il y organisa plusieurs fêtes mondaines courrues par les gens les plus branchés de la Grosse Pomme. Un autre must, la salle qui nous transpose directement dans les années 70 avec en son centre un gros divan circulaire flanqué de confortables coussins n'invitant qu'à s'y laisser choire, des projections psychédéliques de toutes les couleurs dans la pièce et de la musique du groupe The Velvet Underground mur à mur.

Au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu'au 18 janvier 2009. Pour plus d'infos : http://www.mbam.qc.ca/micro_sites/warhol/index_fr.html

samedi 4 octobre 2008

Frustration futile

Dans un ordre d'idées vraiment plus futil que le précédent, hier soir j'ai croisé Grégoire, l'ancien candidat de l'émission Occupation Double, dans un café. Vraiment, il y a un genre de personne qui me revient pas, et c'est ben plate pour lui (quoi qu'il doit s'en foutre éperdument), mais il est en plein dedans. Il arrive au café, commande au commis "la même chose que d'habitude" en parlant bien entendu plus fort que tout le monde et en agissant comme s'ils avaient élevé les cochons ensemble pour que de 1) on le remarque et on dise "wow! c'est Grégoire" et que de 2) on sente que c'est un habitué du Café Dépôt coin Saint-Laurent/Prince-Arthur (c'est vrai que c'est terriblement édifiant). Jusque là, passe.

Je commande juste après lui une infusion qui ne nécessite de la part du commis que de mettre de l'eau chaude dans une tasse, je paie mes 2,07$ avec 2,25$ et je reprends le change, un gros 18 cents. Ben cibole, le Grégoire dit au commis "heille bonne soirée en tous cas, j'espère que tu pogneras pas juste du monde cheap de même" et ajoute, à l'attention de la fille qui l'accompagnait "moi le monde cheap qui reprennent leur change pour un café pis qui laissent pas de tip là...pas capable".

?!?! C'EST QUOI TON ESTIE DE PROBLÈME ?!?! Y a tu quequn qui t'a sonné face à claques?! Non mais premièrement, c'est quoi le powertrip d'insulter le monde gratuitement de même?! Et deuxièmement, j'ai rien contre laisser du tip, mais je ne me qualifierai pas de cheap quand je me rends moi-même au comptoir commander de l'eau chaude à un commis et que - ô super - il fait sa job. Bon, c'est vrai qu'il devait baver devant la perspective d'empocher mes 18 cents.... (!!!)

Je sais, je lui donne plus d'importance qu'il n'en mérite, mais ça m'a mis le feu au &#$ cette histoire...

Je stresse franchement pour rien

Récemmment, je discutais avec une amie. Étudiante à l'université et au Québec depuis trois ans, elle est originaire d'Afrique. Elle me racontait qu'aux vacances des Fêtes, elle retournerait dans son pays pour la première fois depuis son départ. Elle était évidemment très excitée et avait on ne peut plus hâte de revoir parents et amis. Toutefois, m'expliquait-elle, puisqu'elle n'avait pas encore la citoyenneté canadienne, elle était un peu laissée à elle-même une fois là-bas. Son pays étant dans un climat tendu, s'il se déclenchait un problème lors de son séjour, elle ne pourrait pas s'en remettre à l'ambassade canadienne et risquait d'être "coincée" là-bas. Un peu abasourdie, je lui ai demandé si cette situation la stressait, puisque moi, juste à l'écouter, j'étais angoissée. Elle m'a répondu que non. Elle n'était pas vraiment stressée car la guerre, elle connaissait, pour l'avoir déjà vécu. Ce qu'elle craignait cependant, c'était d'être en retard pour la rentrée des cours en janvier si la guerre éclatait là-bas.

Belle leçon d'humilité. Ça m'a permis de voir plus loin que mon propre nombril et réaliser, encore une fois, à quel point je suis privilégiée. Et combien certaines personnes ont une force qui leur paraît peut-être ordinaire, mais qui, pour moi, est extraordinaire.