samedi 5 avril 2008

Chroniques d'une perfectionniste

Au sortir d'un long processus d'interrogations, de réflexions et d'introspection, j'ai fini par m'avouer que j'étais atteinte de perfectionnisme quasi-pathologique (j'exagère à peine). Ne vous méprenez pas dans l'habituel concensus qu'il s'agit d'une hypocrite façon de parler de ses qualités. Non, non, je peux témoigner qu'il n'y a vraiment pas que du bon là-dedans! Afin d'exorciser mes manies irrationnelles, j'ai décidé de les canaliser dans la rédaction de chroniques relatant mes péripéties perfectionnistes. Ne cherchant pas à me faire une psychothérapie en ligne non plus, ces véritables faits vécus seront servis avec un grain de sel et une dose d'humour. Après tout, quoi de mieux que rire de ses tares pour s'en détacher?

Une définition du problème
Selon le Trésor de la langue française, un perfectionniste est une "personne qui est animée, obsédée, par un souci exagéré de la perfection en toute chose, notamment qui apporte un soin excessif dans la finition de son travail". En psychologie, le "perfectionnisme" est la manifestation d'un trouble anxieux. Les degrés d'intensité varient d'une personne à l'autre, mais de façon générale, la personne perfectionniste :
1) analyse de manière systématique les situations;
2) est méthodique tant dans sa vie personnelle que professionnelle;
3) juge les autres sur des critères de précision;
4) craint l'opposition;
5) serait plus efficace si elle était plus souple.
Elle est capable de prendre des décisions importantes, mais elle consacre beaucoup de temps pour les étudier et s'enlise souvent dans les détails au cours du processus décisionnel. Elle cherche l'approbation et a tendance à réagir avec scepticisme aux compliments personnels.

L'exemple de la couette
Je suis incapable de dormir dans des draps mal placés. J'ai horreur d'une couette qui toucherait le sol ou de draps qui ne seraient pas solidement ancrés sous mon matelas. Sérieusement, j'ai fait le test : in-ca-pable de dormir. Ça me rend tout simplement dingue! Comble de malheur, je partage ma couette avec un bienheureux qui ronfle paisiblement peu importe la disposition des draps. Et que dire des coussins décoratifs! C'est peut-être un truc de fille, mais je considère qu'un coussin décoratif, ornant un lit ou un divan, c'est fait pour décorer et non pour s'en servir comme appuie-tête, repose-pieds ou - pire! - repose-siège.

Hé oui, je me complique la vie avec des bagatelles : c'est ça être perfectionniste. N'allez pas croire que je ne réalise pas l'irrationnel dans tout ça. Mais je ne peux m'empêcher d'aller systématiquement tapoter un coussin décoratif qu'on aurait applati ou de me lever la nuit dans un élan d'agressivité et de désespoir afin de replacer les couvertures dans une disposition optimale favorisant mon sommeil paisible. Bénis sont les "je-m'en-foutistes"!

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